Une zone naturelle protégée unique dans les vosges

Créée en 1989, la Réserve naturelle du Massif du Grand Ventron est située au coeur des Hautes-Vosges, entre le département des Vosges et celui du Haut-Rhin. Elle couvre une superficie de 1647 ha, entre 720 m et 1204 m d'altitude. Avec pour point culminant le Grand Ventron, la ligne de crête sépare le versant alsacien, caractérisé par un modelé glaciaire affirmé et en forte pente, et le versant lorrain, plus doux. Son périmètre touche le territoire de cinq communes : Fellering, Kruth et Wildenstein pour le Haut-Rhin (68) ; Cornimont et Ventron pour les Vosges (88). Climat continental dégradé, sous influence océanique, et étagement altitudinal expliquent l'importance des précipitations sur le site : environ 2 200 mm (pluie et neige confondues). Les écarts de température entre les saisons y sont relativement faibles. L' été est frais et arrosé, l' hiver assez doux et souvent enneigé.

 

Des forêts, des tourbières et des chaumes


Souvent accrochée aux ravins et aux éboulis, ponc­tuée de clairières tourbeuses et de chaumes, la forêt recouvre l'essentiel du territoire de la Réserve du Massif du Grand Ventron.

Dominée par la hêtraie ­sapinière, elle présente toutefois des visages fort diffé­rents, en fonction des conditions d'humidité et du degré d'acidité du sol. Dans les endroits les moins accessibles, elle n'a que peu été exploitée. La variété des formations forestières, mais surtout la diversité issue du maillage de tourbières, de prairies et de landes d'altitude, de falaises et d'éboulis, confèrent à ce site, encore sauvage, une richesse écologique et paysagère unique dans les Hautes-­Vosges. Cette mosaïque de milieux naturels se traduit par la présence de 28 habitats . Parmi ceux-ci, 12 sont d'in­térêt communautaire et 6 d'intérêt prioritaire (tourbières hautes actives, tourbières boisées, érablaies de ravins et d'éboulis, aulnaies ripicoles, prairies à nard). Corollaire de ces habitats diversifiés, le nombre d'espèces invento­riées s'élève à 1158 (faune, flore, fange confondues), dont 121 sont protégées .

 

Des activités compatibles avec le caractère naturel du site


Aujourd'hui, l'activité dominante est l'exploi­tation forestière. Celle-ci s'opère sur 70 % du territoire de la Réserve et poursuit le double objectif de maintenir ou de retrouver un haut niveau de biodiversité et de procurer des reve­nus aux propriétaires (les communes et l'Etat). Le mode de gestion adopté est la futaie irré­gulière, qui mêle différentes essences et tailles d'arbres et s'approche le plus possible d'un peuplement naturel. Par ailleurs, le décret de création de la Réserve autorise le maintien des activités pastorales traditionnelles. Ce pasto­ralisme d'estive est actuellement pratiqué sur trois des cinq chaumes dans des conditions qui doivent permettre la bonne santé écologique du milieu. L'utilisation des sentiers balisés « Club Vosgien » et notamment la portion de GR 531, qui traverse du nord au sud le massif du Grand Ventron, permet aux marcheurs de découvrir le site dans d'excellentes conditions. Enfin, une auberge accueille les visiteurs toute l’année... ( Auberge de la Chaume du grand Ventron )

Cette rubrique concernant la Réserve Naturelle du Grand Ventron a été réalisée avec la collaboration du Parc naturel régional des Ballons des Vosges, gestionnaire de la réserve.

 

 

L'été et l'automne

Dans cet espace protégé reconnu d'intérêt national, vous pouvez vous promener librement à pied sur les sentiers balisés par le Club Vosgien.
La cueillette de baies et champignons à des fins de consommation familiale est autorisée à hauteur de 3 litres par jour et par personne, sous réserve de l'accord des propriétaires.

 

Si vous arrivez par la route à l'auberge, quel que soit l'accès retenu, vous emprunterez de petites routes forestières qui traversent des zones sensibles ou qui sont balisées itinéraires VTT ou pédestres. Merci d'adapter votre vitesse.

 

L'hiver et le printemps:


La zone située au nord de l'auberge de la Chaume du Grand Ventron (limite=lisière de la forêt) n'est pas autorisée à la fréquentation du 15 Décembre au 15 Juin en dehors de la route forestière du Bockloch et du GR 531. Une signalétique sur place précise cette réglementation.

 

Pour participer à la préservation de la faune fragilisée en période hivernale, il est préconisé de rester sur les sentiers balisés par le Club Vosgien et de privilégier la découverte du site dans sa partie sud à partir de la chaume du Grand Ventron.

 

Toute l'année:


Feux, campings, bivouac, passage de la nuit sous quelque abri que ce soit, sont interdits. Activtés sportives, touristiques, commerciales, etc sont réglementées.

 

Pour plus d'informations, n'hésitez pas à consultez le site internet de la Réserve Naturelle.

Les forêts : 

 

Les hêtraies-sapinières

 

Dans la Réserve, les hêtraies-sapinières dominent. En effet, les pentes de moyenne altitude, ainsi que le climat frais et humide conviennent parfaitement au hêtre et au sapin. Les divers groupements végétaux, qui leur sont associés, varient en fonction de l'exposition et de la nature du sol: la luzule blanchâtre pousse sur des sols acides et la fétuque des bois se développe sur des sols plus neutres. Ces deux types d'habitats représentent respectivement 67 % et 11 % du peuplement forestier de la Réserve. Ils forment les deux habitats les plus courants du site. Très répandus à l'échelle du massif vosgien, ils sont, en revanche, rares à l'échelle européenne.

 

Les érablaies de pente et de ravin

Sur les pentes raides couvertes d'éboulis ou dans des sites encaissés, comme les fonds de vallons ou de ravins, l'érablaie s'intercale avec la hêtraie-sapinière. Les condi­tions de vie y sont difficiles (absence de sol, humus peu épais, fortes amplitudes thermiques). Outre l'érable sycomore, qui la domine, la strate arborescente se compose de frênes, d'ormes de montagne, de tilleuls à grandes feuilles. Comme arbustes, on trouve notam­ment le groseillier alpin et le rosier des Alpes. La strate herbacée regroupe l'aspérule odorante, la lunaire vivace, le lamier jaune ou encore, plus ponctuellement, la lathrée écailleuse. Cet habitat figure parmi les plus riches du massif vosgien pour sa flore et pour la multitude de niches écologiques qu'il offre du fait de l'imbrication des végétaux et des éboulis. Réparti sur l'ensemble du versant alsacien, il occupe une surface cumulée importante, proche de la centaine d'hectares. Il constitue une des originalités de ce versant.

 

Les forêts de sapins à sphaigne

Bien que se présentant sous la forme de forêts claires de sapins, ces milieux font partie intégrante des systèmes tourbeux, par la nature de leur sol et leur fonctionnalité hydrologique. Composé de sapins, de quelques sorbiers des oiseleurs, de bouleaux et d'épicéas, cet habitat est caractérisé par la présence, au sol, de diverses mousses (sphaignes, polytric), alternant avec les myrtilles. Ponc­tuellement, des espèces floristiques protégées, comme la délicate listère à feuille de cœur ou le lycopode à rameau d'un an, émergent du tapis de mousses. La chouette chevêchette apprécie ce milieu, tout proche de ses sec­teurs de chasse que sont les clairières tourbeuses.

Dans la Réserve naturelle, cet habitat d'intérêt commu­nautaire occupe une partie de la forêt domaniale de Cornimont et des forêts communales de Ventron et de Kruth. Bien que très fragmentée, sa superficie totale sur le site atteint environ 150 ha. Entre milieu forestier et milieu tourbeux, les forêts de sapins à sphaigne ont subi de nombreuses dégradations: plantation d'épicéas, creusement de fossés de drainage et, plus récemment, utilisation d'engins de débardage.

 

Les Tourbières :

Les tourbières se forment lorsque le sol est constam­ment gorgé d'eau, sous un climat frais et humide. Elles se caractérisent par leurs formations végétales où dominent des plantes hydrophiles (mousses, sphaignes, roseaux, joncs ... ) dont la croissance produit une accumulation de matière végétale non décomposée, la tourbe. Les tourbières constituent de précieux réser­voirs de biodiversité et d'eau douce. Elles abritent des espèces végétales et animales originales et spécifiques, témoins, pour les Hautes-Vosges, des périodes glaciaires. Elles jouent, en outre, un rôle important dans l'alimen­tation des nappes phréatiques et possèdent un pouvoir épurateur. Ce sont des milieux fragiles, rares et menacés. En France, plus de 50 % de la superficie des tourbières a disparu au cours des 50 dernières années. Sur les reliefs, elles s'effacent souvent sous l'effet de boisements artifi­ciels. Dans le massif du Grand Ventron, elles se distribuent de façon très inégale entre les deux versants: abondantes du côté lorrain où elles forment un vaste réseau, elles se font rares du côté alsacien. La forêt domaniale de Corni­mont compte ainsi plus d'une cinquantaine de clairières tourbeuses organisée en quatre ensembles principaux.

Tourbières hautes actives, naturelles ou dégradées

Véritables reliques post-glaciaires, les tourbières hautes actives n'existent pratiquement plus en Europe de l'ouest. Elles se caractérisent par la présence de buttes de sphaignes alimentées uniquement par les précipitations. On y trouve notamment une plante protégée: l'andro­mède à feuilles de polium. Les tourbières hautes actives du Grand Ventron n'occupent pas une surface cumu­lée importante, mais se répartissent dans la plupart des écosystèmes tourbeux de la Réserve.

Tourbières à molinie

 

Les tourbières de pentes sont des prairies humides au sol pauvre soumises à des fluctuations du niveau d'eau. Elle sont dominées par la molinie, plante particulièrement adaptée aux variations de niveau de la nappe. Dans la Ré­serve naturelle du Massif du Grand Ventron, elles occupent une surface cumulée d'environ 28 ha. En dépit d'une richesse floristique réduite, elles constituent un réseau de clairières naturelles fréquentées par une faune variée: sauterelles, grillons, papillons, rongeurs, chevreuils, oiseaux des lisières, tels que le pipit des arbres, le rouge-queue à front blanc, la chouette chevêchette.

Tourbières boisées

 

Il s'agit de forêts claires et basses sur sols tourbeux. Elles bordent le plus souvent les tourbières de pente. Elles sont caractérisées par les bouleaux pubescents (sous espèce bouleau des Carpates), propre aux habi­tats tourbeux montagnards d'Europe de l'ouest. La strate arbustive se compose de saules à oreillettes et de bourdaine, tandis que le tapis herbacé, très couvrant, est constitué d'airelles des marais, de canneberges, de myrtilles, de linaigrettes, de molinies et de plusieurs espèces de mousses (sphaignes). Désigné d'intérêt prioritaire à l'échelle européenne, cet habitat diversifié ne subsiste plus qu'à l'état rélictuel en france .Au sein de la Réserve du Massif du Grand Ventron, il n'occupe jamais des superficies importantes mais s'observe dans chacun des grands ensembles tourbeux. Sa superficie est estimée à environ 7 ha.

 

Les chaumes  altitude :

Pelouses sommitales

Ce sont des pelouses basses, dites prairies à nard raide (petite graminée à feuilles piquantes), ponctuées de myrtilles, d'airelles et de callunes. Elles sont issues de la déforestation de la hêtraie. Les espèces végétales y sont nombreuses: pensés des Vosges, arnica, orchis blan­châtre ou encore gentiane jaune. La valeur patrimoniale de ce type d'habitat, en forte régression, est très élevée. Sa surface, sur les différentes chaumes de la Réserve, est d'environ 16 ha.

Landes sèches

 

 

Il s'agit de landes dominées par les sous-arbrisseaux que sont la callune (fausse bruyère), la myrtille, l'airelle rouge et ponctués d'arbres colonisateurs, tels le sorbier des oiseleurs, le bouleau verruqueux et l'épicéa. Cet habitat, de valeur patrimoniale élevée, reste ponctuel et tempo­raire car il correspond souvent - du moins dans la Réserve du Massif du Grand Ventron - à une étape de transition, entre les stades «pelouses» et «forêt », dans le processus de successions écologiques. Sa superficie est d'environ 16 ha.

 

Falaises et Eboulis :

 

Falaises et éperons rocheux

Localisés sur le versant alsacien, falaises et pitons rocheux abritent de nombreuses espèces végétales protégées, comme l'orpin givré, le saxifrage des rochers, le chardon décapité ou l'épervière de Jacquin. Les falaises sont aussi le lieu de nidification du faucon pèlerin et du grand corbeau. Tandis que les éperons rocheux sont relativement nombreux, on compte seule­ment quatre falaises dans la Réserve.

Éboulis

Pendant les périodes froides qui suivirent les gla­ciations, les abrupts rocheux se sont fragmentés sous l'effet du gel et ont éclaté en blocs. Ceux-ci sont ensuite descendus progressivement sur les pentes, formant d'imposants éboulis. Certains se sont, depuis, stabilisés. D'autres sont encore actifs, c'est-à-dire toujours soumis au phénomène de gélifraction qui les alimente en nouveaux blocs. En fonction de la stabilité et de l'épaisseur des blocs, les éboulis resteront minéraux ou, au contraire, s'habilleront d'un couvert végétal. Les plantes pionnières sont les mousses et les lichens qui forment un début de litière, propice à l'installation d'espèces plus évoluées. Les éboulis stabilisés sont colonisés par les érables sycomores. Les éboulis ouverts, c'est-à-dire non colonisés par les érablaies, couvrent une ving­taine d'hectares sur l'ensemble du versant alsacien. Outre les ouvertures qu'ils apportent au sein du vaste massif boisé, ils contribuent grande­ment, tout comme les falaises et éperons rocheux, à l'aspect sauvage du massif du Grand Ventron.

 

Actions en faveur des habitats et des espèces :

 

- Maintenir les écosystèmes naturels

Le caractère accidenté et une situation de frontière historique expliquent l'absence de toute exploita­tion forestière d'envergure dans les parties hautes du versant alsacien au cours des siècles passés. Afin de préserver le caractère naturel de ces forêts, près de 400 ha ont été classés en réserve forestière intégrale. Seules les opérations sanitaires ou de sécurité peuvent y être autorisées. Ainsi, le plan de gestion prévoit une reconnaissance annuelle des risques et, le cas échéant, une intervention pour sécuriser les sentiers pédestres balisés.

Les tourbières sont des milieux naturels qui se sont formés et qui se maintiennent en raison de conditions particulières. Lorsque ces conditions restent les mêmes, les tourbières n'évoluent que très lentement. A contra­rio, toute modification des conditions du milieu, même légère, entraîne des dégradations parfois irréversibles. Dans la Réserve naturelle du Massif du Grand Ventron, l'organisation des tourbières en réseau suppose le maintien de la fonctionnalité d'ensemble et, par exten­sion, de l'hydrologie de tout le bassin versant.

Puisque la plupart des tourbières de la Réserve n'ont pas subi de préjudices directs (creusement de fossés de drainage notamment), le plan de gestion prévoit de les laisser évoluer librement. A l'inverse, sur les parties dégradées, des opérations ciblées, visant à réhabiliter le milieu, peuvent être engagées. La tourbière de Pourri Faing a ainsi fait l'objet d'une opération de réhabilita­tion consistant à couper des épicéas, qui avaient été plantés, et à mettre en place des barrages pour limiter l'action des drains et les fluctuations de la nappe d'eau. Par ailleurs, deux études ont mis en évidence les effets indirects, très perturbateurs, de l'exploitation forestière sur la fonctionnalité du réseau de tourbières du versant vosgien. Elles ont montré que les voies de desserte collectent et dévient les eaux de ruissellement et que les engins de débardage tassent les sols et accentuent les effets de l'érosion. Dans ce contexte, une collabora­tion étroite entre le gestionnaire et l'Office National des Forêts a permis de définir, pour la Forêt domaniale de Cornimont, un zonage d'exploitation et des modali­tés d'utilisation de la desserte selon la sensibilité du milieu. En parallèle, afin de restaurer l'hydrologie des bassins versants, des travaux qui visent à rétablir les écoulements d'eau, ou encore à limiter les processus d'atterrissement, ont été menés. Une démarche simi­laire est engagée pour la forêt communale de Ventron.

 

- Maintenir ou améliorer la biodiversité

Sur le territoire de la Réserve, près de I 600 ha de forêt font l'objet de plans d'aménagement forestiers. Au fur et à mesure de leur révision, ces plans ont intégré les enjeux de protection des milieux et des espèces jusqu'à devenir cohérents avec le plan de gestion de la Réserve. Ainsi, ont-il aujourd'hui pour objectif prioritaire la pro­tection des milieux, notamment des tourbières et de leur périphérie et la préservation des espèces, en particulier du grand tétras. Cet objectif écarte toute exploitation intensive au profit d'une sylviculture « sur mesure ». La collaboration entre forestiers et gestionnaires de la Réserve est ici déterminante .Le mode de traitement adopté est la futaie irrégulière qui mêle différentes essences et tailles d'arbres et s'approche, le plus possible, d'un peuplement naturel. Les coupes se font par prélèvements ponctuels. On parle de « cueillette ». Sont ainsi maintenus et favo­risés des peuplements mélangés (sapins et feuillus), comportant des gros bois et très gros bois (70 cm de diamètre et plus), assez clairs pour laisser pousser les myrtillers. De plus, sont conservés des arbres morts, d'intérêt biologique (cavités, sénescents, porteurs de lichens ou de champignons ... ) ou paysager. Par ailleurs, l'exploitation forestière des parcelles recelant des tour­bières est pratiquée avec précautions pour éviter de dégrader ces dernières ou d'en perturber l'hydrologie. Enfin, en vertu d'une directive de gestion de l'Office National des Forêts, les opérations sylvicoles se dérou­lent du 1'"' juillet au le' décembre, afin d'assurer une quiétude maximale au grand tétras, mais également à d'autres espèces nichant au sol (gélinotte, bécasse ... ), durant les périodes d'hivernage et de reproduction.

 

Milieux ouverts conquis par les marcaires sur les forêts sommitales, les chaumes secondaires doivent faire face aujourd'hui à une double problématique:

  • en l'absence d'activité agricole, on assiste à la fermeture du milieu et à la perte de diversité paysagère, biologique et d'identité culturelle;

  • en présence d'activité agricole, on se heurte au risque d'un appauvrissement des communautés végétales spécifiques en raison d'une intensification des pratiques (surpâturage, amendements trop intenses, gyrobroyage des landes à éricacées, ou encore retournement et sursemis). La gestion des chaumes de la Réserve a donc pour objectif de conserver les espaces ouverts tout en maintenant, ou améliorant, la diversité des communautés végétales spécifiques: prairies à nard raide, landes à myrtilles et dans une moindre mesure, prés-bois. Outre leur intérêt intrinsèque, ces milieux constituent des habitats pour de nombreux insectes (orthoptères, lépidoptères) et oiseaux (traquet motteux, merle à plastron, grand tétras ... ) . Aujourd'hui, les chaumes de la Réserve font l'objet de modes de gestion distincts: évolution libre pour la chaume de Vieille Montagne, coupes des pousses d'arbres pour la chaume du Petit Ventron, pâturage léger et réouverture des surface plantées en épicéas pour la chaume des Winterges, pâturages bovins pour les chaumes du Grand Ventron et du Felsach. Afin de mesurer les effets des différents modes de gestion sur la qualité des milieux et d'adopter le cas échéant les mesures de gestion nécessaires, les chaumes font l'objet d'un suivi scientifique de l'évolution des communautés végétales et de la dyna­mique de la recolonisation des arbres et arbustes.

 

- Autoriser une pratique adaptée de la chasse

En l'absence de grands prédateurs, la régulation des populations de grands ongulés (sangliers, cerfs, che­vreuils et chamois) est nécessaire au maintien d'un bon équilibre faune/flore. En effet, des populations trop importantes au regard des ressources de nourri­ture disponibles conduisent à une surexploitation du milieu, particulièrement visible sur les jeunes pousses d'arbres et les myrtilliers. C'est donc le renouvellement de la forêt et sa diversité qui sont remis en cause, ainsi que l'état sanitaire des populations d'ongulés elles ­mêmes. Dans le contexte de la Réserve naturelle, les propriétaires, les gestionnaires et les chasseurs met­tent en place un compromis pour autoriser la chasse dans des conditions qui maintiennent un équilibre faune/flore et limitent les dérangements occasionnés à la faune sédentaire au cours de la période hivernale.

 

 

Suivie écologique et   recherche  :

 

- Inventorier

En 2009, les inventaires faune, flore et fonge (cham­pignons) de la Réserve font apparaître quelque 1 158 espèces. Si ce nombre peut paraître important, il n'inclut pourtant pas certaines espèces parmi les insectes, les mousses ou encore les lichens, qui doivent encore être inventoriées. Outre l'intérêt intrinsèque qu'elles présentent, certaines de ces espèces sont éga­lement des indicateurs biologiques. Mieux connaître leur répartition et leur état sur le territoire de la Réserve donnera des informations précieuses sur la qualité écologique des milieux.

 

- Expertiser

Un diagnostic des incidences de l'exploitation forestière sur les milieux humides, assorti de recommandations pour les limiter, est en cours de réalisation. Il constituera un outil d'aide à la décision pour les gestionnaires et propriétaires. Un autre travail d'expertise visera à actua­liser l'inventaire et la cartographie des habitats naturels de la Réserve.

 

- Suivre

Afin de connaître l'évolution des populations de certaines espèces, des suivis scientifiques sont menés chaque année. C'est le cas pour le grand tétras, mais aussi, par exemple, pour le faucon pèlerin, ou encore la chouette de Tengmalm et, plus récemment, pour le lynx. La scheu­chzérie des marais et le lycopode inondé sont également suivis en vertu de leur qualité d'espèces végétales indica­trices: leur statut reflète l'état de santé des tourbières qui les accueillent. Afin de mesurer l'évolution des communautés végétales des espaces ouverts, des suivis phytosociologiques sont menés sur les chaumes. Par ailleurs, 172 placettes permanentes ont été mises en place pour décrire, puis suivre, les peuplements forestiers à travers un protocole national. Ces mêmes placettes sont égale­ment utilisées pour évaluer la qualité des habitats à grand tétras. Enfin, des suivis spécifiques, destinés à mesurer les effets des interventions menées, seront réalisés, comme, par exemple, le suivi des fluctuations de la nappe d'eau sur la tourbière de Pourrifaing.

 

 

Encadrement de la fréquentation, communication et pédagogie :

 

- MaÎtriser et encadrer la fréquentation

Le plan de gestion prévoit de limiter la fréquentation de la Réserve et de l'organiser afin d'assurer la préser­vation du site et sa quiétude. Cela se traduit par une différenciation des possibilités d'accès selon les secteurs, les périodes et les activités. Par ailleurs, aucune nouvelle manifestation, activité ou encore action de promotion touristique, n'est prévue.

 

- Partager les enjeux de conservation

Afin que les acteurs locaux s'approprient les enjeux de la Réserve, le plan de gestion prévoit l'organisation régulière de visites de terrain, de conférences auprès des habitants et de formations auprès des acteurs socio-professionels. Parallèlement, en lien avec les enseignants et les structures d'éducation à l'environ­nement, des actions pédagogiques, auprès des scolaires habitant à proximité du massif du Grand Ventron, sont programmées. Il s'agit d'apporter aux usagers du site les informations liées au classement du territoire et à la réglementation qui s'y rattache, mais aussi d'accorder un soin parti­culier à la présentation des enjeux et des objectifs de préservation. Ceci afin de responsabiliser les visiteurs. Outre l'amélioration de la signalétique d'accueil et d'information, le plan de gestion prévoit la mise en place de panneaux pédagogiques présentant les principaux milieux naturels et espèces à l'origine de la création de la Réserve naturelle.

 

- S'assurer du respect de la réglementation

Afin de veiller au respect de la réglementation de la Réserve, des tournées de surveillance sont organisées tout au long de l'année. La plupart d'entre elles se déroulent de manière conjointe entre un agent du Parc naturel régional des Ballons des Vosges, gestion­naire de la Réserve, et un agent de l'Office National des Forêts. Plus ponctuellement, des opérations de surveillance sont organisées avec d'autres forces de police. Si les infractions caractérisées donnent lieu à des sanctions, ces tournées ont avant tout un rôle pré­ventif. Elles sont surtout orientées vers l'information et la sensibilisation du public.

Visitez le site internet de la Réserve Naturelle du Massif du Grand Ventron

 

 

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